Dopage: Dossier dopage (3) : L'affaire Festina - Les années noires du Giro
Posté le 26 November 2007 à 10:28:08 CET par Gregorio |
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Troisième partie de notre dossier dopage avec l'affaire Festina et les années noires du Giro.
Par Grégory Ienco.
Nous sommes à Dublin, en juillet 1998. Le départ du prochain Tour de France est bientôt donné mais à quelques jours du prologue, la douane française fait une découverte étonnante entre l’Hexagone et la Belgique. Le 8 juillet, Willy Voet, médecin et soigneur de l’équipe Festina, est contrôlé par les autorités françaises et ceux-ci font une découverte incroyable. 500 doses de produits tels de l’EPO, des amphétamines, des hormones de croissance ainsi que de la testostérone. Les preuves sont accablantes et le médecin dénonce un dopage organisé autour de l’équipe Festina. Bruno Roussel, manager de l’équipe, peu de temps après, confirme aussi les déclarations de Willy Voet.
Par la suite, plusieurs coureurs sont dénoncés ou sont confirmés comme « dopés ». Richard Virenque, Laurent Brochard, Alex Zülle, Laurent Dufaux, Christophe Moreau ou encore Pascal Hervé sont ainsi concernés par cette affaire de dopage. Cela n’empêche pas l’équipe de continuer le Tour de France mais le 18 juillet, à Brive-la-Gaillarde, la société du Tour de France, via son président Jean-Marie Leblanc, évince la formation Festina, ainsi que l’équipe TVM de Jeroen Blijlevens et de Servais Knaven. Suite à cette décision, les équipes espagnoles, sélectionnées sur Tour, décident de quitter l’épreuve en protestation aux méthodes des autorités françaises.
Finalement, la justice ne condamna pas tous les coureurs incriminés dans cette affaire mais seulement les médecins et un coureur, Richard Virenque. Le Belge Eric Ryckaert, ancien médecin de l’équipe Festina, fut condamné par la justice belge pour achat et vente illégale d’EPO. Avant d’être à nouveau jugé pour l’affaire Festina. 10 personnes furent prévenus, à savoir Willy Voet, Bruno Roussel, Eric Ryckaert, Richard Virenque, Jean Dalibot, soigneur chez Festina, Joël Charibon, ancien responsable logistique chez Festina, Nicolas Terrados, médecin de l’équipe espagnole ONCE, Jeff d’Hont, soigneur dans l’équipe française Française des Jeux et les époux Paranier, accusés de fournir les produits dopants.
Mais au final, les autorités françaises se sont montrées assez clémentes au vu de l’immensité de l’affaire. Virenque a été relaxé. Bruno Roussel et Willy Voet furent condamnés à un à 10 mois de prison avec sursis en plus d’une amende de 50 000 et de 30 000 Francs. Jeff d’Hont s’en sort avec 9 mois de prison avec sursis tandis que Joël Charibon et Jean-Marie Dalibot obtiennent 5 mois. Enfin, 40 000 Francs d’amende pour les époux Paranier ainsi que 30 000 Francs pour Nicolas Terrados. Le tribunal de Lille avait même osé critiquer l’UCI, la Fédération française de cyclisme ainsi que la Société du Tour de France…
Le dopage a fait un pas en avant avec cette affaire mais cela a forcé les instances sportives a amélioré les tests concernant l’EPO notamment. Le Tour de France se montre aujourd’hui comme le porte-drapeau de la lutte anti-dopage mais nous voyons finalement au fil des années que les affaires de dopage sont toujours bien d’actualité malheureusement…même sur le Tour (cfr. Landis et Pereiro en 2006).
Les années noires du Giro
L’année 2001 restera dans les mémoires comme l’année noire du Tour d’Italie. Le Giro d’Italia connaîtra le « blitz », sa plus grande affaire de dopage. Trois ans après l’affaire Festina sur le Tour de France 1998, rien ne semble avoir changé malgré les différentes déclarations des organisateurs des Grands Tours et de la direction de l’Union Cycliste Internationale.
Sur la fin du Giro 2001, une série de perquisitions démarre dans plusieurs hôtels d’équipe à San Remo. S’en suit une liste de coureurs soupçonnés de dopage…Près de la moitié du peloton est concernée par ce « blitz » et 70 noms sont cités par le parquet de Florence. Voici l’Opération Puerto réalisée avant la lettre…Beaucoup de coureurs sont suspectés d’avoir utilisé des stimulants, type caféine, ou d’autres substances plus fortes. Une nouvelle substance a même été découverte, la RSR-13, une substance modifiant la structure de l’hémoglobine, augmentant l’oxygénation sanguine.
Ce « blitz » a été réalisé, selon plusieurs journaux italiens à l’époque, grâce aux déclarations d’un repenti du dopage. Son nom est resté anonyme à ce jour. Suite à ces perquisitions, d’autres enquêtes ont été ouvertes et chaque jour, de plus en plus de noms tombaient…Le premier fut celui de Dario Frigo, ancien sociétaire de la Vini Caldirola qui a reconnu être en possession de produits dopants, à l’époque. Au terme du Giro 2001, remporté par Gilberto Simoni, concerné par une affaire de dopage en 2002 (comme quoi, le cercle du dopage n’est pas prêt de se refermer), 74 coureurs sur 179 étaient concernés par une affaire de dopage ! Un chiffre ahurissant alors que les problèmes du dopage semblaient s’émousser quelques peu…
Les suites de ces différentes affaires furent sans appel. Dario Frigo, Giuseppe Di Grande et Alberto Elli sont condamnés à six mois de prison tandis que Domenico Romano et Ermanno Brignoli reçoivent cinq mois et 20 jours avec sursis et un mois et 10 jours de prison ferme. Cinq hommes furent donc seulement condamnés alors que 12 coureurs étaient concernés par la procédure judiciaire…
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