Dopage: Dossier dopage (8) : Deux questions importantes
Posté le 09 December 2007 à 17:40:24 CET par Gregorio |
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Au-delà de ces affaires, nous devons aussi nous poser deux questions importantes pour en apprendre plus sur ce monde méconnu du dopage. D'abord, pourquoi le cyclisme semble-t-il être le sport le plus touché en matière de dopage ? Et enfin, est-ce que ce problème touche aussi les jeunes et les amateurs ?
Par Grégory Ienco.
Pourquoi le cyclisme est-il le plus touché ?
Depuis des années, le cyclisme semble le parent pauvre de l’éthique. Beaucoup de médias prennent la petite reine comme la tête de turc des sports professionnels, que ce soit en Belgique ou dans le monde. Malgré cela, les instances sportives comme l’UCI, l’Agence Mondiale anti-dopage ou encore la Communauté française tentent de faire le meilleur pour améliorer la lutte contre le dopage.
Les dernières statistiques du ministère des Sports de la Communauté française montrent que le cyclisme n’est pourtant pas l’un des sports les plus touchés par le fléau du dopage. Claude Eerdekens, ministre en place, a ainsi publié, en janvier dernier, un rapport concernant les contrôles anti-dopage de plusieurs sports sur une période de 29 mois (c’est-à-dire d’août 2004 à octobre 2006). Ainsi, cette étude montre que la tricherie via le dopage, que ce soit dans le monde professionnel ou amateur, est en baisse graduelle. Par exemple, de 2005 à 2006, le nombre de cas positifs dans le cyclisme passe de 8,11 % (sur 74 contrôlés) à 5,84 % (sur 137 contrôlés !). La boxe et le base-ball, des sports émergeants en ce moment, sont les plus touchés par le dopage en 2006 tandis que le basket-ball devient un des sports avec le moins de contrôles positifs.
Mais l’impact médiatique est aussi de mise. En effet, le Tour de France joue un rôle important, étant la première épreuve mondiale au niveau du cyclisme. L’affaire Festina, en 1998, a jeté un froid important sur le monde du vélo tout comme l’opération Puerto ainsi que l’affaire Landis, l’année dernière. Cela se remarque aussi sur les audiences télévisuelles. En septembre 2006, la Vuelta était diffusée sur la chaîne publique espagnole TVE, qui a les droits nationaux. Par rapport à 2005, l’audience a dégringolé de 30% avec une perte de près de 470 000 téléspectateurs en 12 mois. Les récentes affaires sur le Giro et le Tour ont donc comme conséquences un désintérêt des ex-fans de cyclisme…Cela se remarque aussi sur les sites internet. L’affluence de certains sites tel Cyclingnews a baissé sur la période de mai à juillet.
Le dopage touche-t-il aussi les jeunes et les amateurs ?
Les professionnels ne sont, malheureusement, pas les seuls impliqués dans le cercle vicieux du dopage. Souvent poussés par le besoin de résultats ou l’envie de se montrer le plus fort pour enfin passer au niveau supérieur et espérer une future carrière entre les Boonen, Valverde et Cunego, les jeunes coureurs peuvent connaître l’envie d’aller vers le moyen le plus rapide afin de gagner des courses : la tricherie, et le plus simple, le dopage tout simplement.
Bien entendu, les techniques ne sont pas aussi développées que chez les coureur pros mais des produits interdits circulent à prix « démocratiques ». Le sang de certains animaux, les corticoïdes ou même les simples médicaments vendus en pharmacie deviennent vites, à doses déraisonnables des produits dopants, capables de changer ces jeunes coureurs en bêtes de course pour une courte période. La Fédération Wallonie-Bruxelles fait de son mieux pour aider les jeunes et les encadrer pour passer à l’échelon supérieur afin de se disputer la place des meilleurs mais il est encore difficile de contrôler tous les jeunes en Belgique.
Chez les amateurs, le problème est aussi d’actualité. Les ballades cyclotouristes ou les compétitions pour les cyclistes amateurs se transforment en terrains de combat d’acharnés. On peut penser à certaines épreuves irréalistes concernant des terrains mythiques traversés par les plus grands champions. Par exemple, il y a les Masterseries sur le Mont Ventoux. Cette épreuve est une course de 24 heures où les participants doivent exécuter le maximum d’ascensions du col durant cette courte période. Ce genre d’épreuves provoque bien évidemment quelques émules et il n’est pas rare de croiser quelques « cyclos » positifs avant ou après l’épreuve.
De plus en plus, les amateurs et les jeunes souhaitent faire comme les grands mais cela n’apporte parfois rien de bon. Certains prennent apparemment, comme exemple, certains professionnels peu orthodoxes au niveau de l’éthique. Que dire des fans de Jan Ullrich, Lance Armstrong, Gilberto Simoni ou Roberto Heras, tous concernés par une affaire de dopage durant leur carrière… ?
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